Morts Pour La France et cousins…

A l’occasion du centenaire de la grande guerre, la commune de Gesnes-en-Argonne, a décidé d’honorer ses poilus en organisant une exposition qui se tiendra du 3 au 13 Novembre prochain.

Dans ce cadre, j’ai réalisé une étude généalogique sur les Morts Pour La France de ce village. Mon idée était de relier ces personnes aux habitants actuels mais également de retrouver leurs descendants essaimés en France.

La méthodologie a été la suivante :
Pour chaque soldat j’ai reconstitué son ascendance patronymique, puis, à partir de plus ancien ancêtre connu j’ai établi sa descendance complète, enfin parmi celle-ci j’ai listé les personnes susceptibles d’être encore en vie aujourd’hui.

J’ai regroupé tous les descendants sur un même tableau et les ai triés par ordre alphabétique croissant ; j’ai constaté que certaines personnes apparaissaient plusieurs fois démontrant ainsi que les MPLF avaient un ancêtre commun comme le montre le schéma ci-dessous (cliquez pour plus de lisibilité) :

Lien de cousinage entre 5 soldats de Gesnes

J’ai recensé au moins une dizaine de liens différents entre les soldats avec différentes combinaisons. J’ai aussi constaté que 58% des habitants actuels cousinent avec Jules Arthur Balardelle.

Ma cousine Michèle, a mis en image ces liens, une mini biographie des MPLF et d’autres événements ayant eu lieu au village durant cette période et son travail sera exposé pendant cette manifestation.

Je vous invite donc à vous rendre à cette manifestation qui ne manquera pas d’intérêt si vous avez un lien avec Gesnes. En attendant je vous propose de lire ICI l’article paru dans l’Est Républicain d’hier.

Maintenant il ne reste plus qu’à retrouver les coordonnées des descendants (environ 400) pour les convier à venir voir ce moment important de la vie cette commune, de quoi occuper les mois à venir… 😉

Jules Arthur BALARDELLE

Nait à Gesnes en Argonne le 16 Juin 1875. Il est le fils d’Auguste et de Marie Augustine VASSART. A sa naissance la famille est composée de Sidonie née en 1865 et d’Alphonse né en 1867. Puis viendra Clémence en 1878.

Jusqu’à ses vingt ans, Jules vit à Gesnes où son père est cultivateur. La famille Balardelle est originaire des Ardennes mais une branche a fait souche dans ce village à la fin du 18ème siècle.

Il passe devant le conseil de révision en 1895 ; déclaré bon pour le service il incorpore le 150ème RI le 14 Novembre 1896 comme soldat de 2ème classe. Il obtient son certificat de bonne conduite et passe dans la diponibilité le 20 Septembre 1899 et dans la réservve le 1er Novembre de la même année.

Il effectue une période d’exercices du 29 Septembre au 26 Octobre 1902 au 150ème RI. Deux ans plus tard il se marie à Bayonville le 11 Avril avec Zélie Appoline GUILLAUME et en Mai ils s’installent tous les deux à Sivry lès Buzancy (aujourd’hui rattaché à Buzancy 08). Neuf mois plus tard, Gabrielle, leur premier enfant arrive au foyer.

En 1906 pour sa seconde période d’exercices, il est affecté au 147ème RI. Passé dans la territoriale le 1er Octobre 1909 il sera muté au 46ème RIT pour sa troisième période du 26 Mai au 3 Juin 1910.

En 1912 la famille s’agrandit avec l’arrivée de Charles. Deux ans plus tard la guerre éclate et il est mobilisé au 46ème RIT qu’il rejoint le 3 Août 1914. Le 11 Décembre 1915 il est transféré au 35ème RIT. A la date du 3 Août 1916 ce régiment se trouve dans le secteur d’Hemont-Avocourt dans la Meuse et y restera jusqu’au 16 Décembre. C’est une période dure dans un secteur où les troupes font preuve d’une ténacité, d’une endurance et d’un courage remarquables.

C’est à Avocourt, que le 19 Août 1916, Jules reçoit un éclat d’obus dans la poitrine qui entraîne son décès. Il a quarante et un ans, sa fille ainée a onze ans et son garçon en a deux.

JMO 35° RIT - Mémoire des Hommes

JMO 35° RIT – Mémoire des Hommes

Sa veuve jouit d’une pension de veuve de guerre à compter du 20 Août 1916 de 563 francs, comme c’est noté dans le JO du 5 Aout 1917. Et dans celui du 6 Décembre 1919 on peut lire ceci à son sujet : « soldat excellent tombé au champ d’honneur pour le salut de la patrie. Mort en brave. A été cité ».

Son décès est transcrit le 5 Janvier 1920 à Sivry lès Buzancy mais il repose pour l’éternité au cimetière communal de Gesnes et figure sur le monument aux morts de son village natal.

Collection personnelle

Collection personnelle

Henri Arthur Nicolas Albert WIBLET

Nait à La Berlière le 2 Mars 1886. Il est le fils de Jean Baptiste Eugène et de Marie Célinie BAULNY. A sa naissance son unique sœur a cinq ans et demi.

Il se marie dans son village le 22 Septembre 1906 avec Jeanne SEVEUR née au même endroit en 1887. La même année il passe devant le conseil de révision qui le déclare bon pour le service.

Il est incorporé au 132 RI le 9 Octobre 1907. Il passe 1ère classe le 15 Octobre 1908 et dans la disponibilité le 25 Septembre 1909, son certificat de bonne conduite en poche.

Il se marie une seconde fois le 27 Mais 1913 à Rémonville avec Angèle LALLEMENT, sœur de mon grand-père Jules, née à Gesnes en Argonne (55) en 1890.  Je suppose qu’il est veuf mais je n’ai aucun document qui confirme cette théorie. Neuf mois plus tard, le 2 Février 1914, Alice, Elise, arrive au foyer des parents. Mais la guerre éclate et Albert rejoint le 332ème RI le 4 Aout 1914. La mort le fauche rapidement sur le champ de bataille puisqu’il est tué à l’ennemi le 13 Septembre 1914 à Aguilcourt (02). On peut retrouver l’historique de cette terrible journée sur le JMO du 332ème RI sur le site Mémoire des Hommes dont sont extraits les photos suivantes :

Sa femme, veuve et maman d’un bébé rejoint sa mère à Rémonville et est expatriée avec sa famille comme je l’ai  raconté dans l’article consacré à Adrien LALLEMENT.

Albert est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze selon le Journal Officiel du 4 janvier 1923. Il figure sur le monument aux morts de son village natal. Je pense qu’on n’a jamais retrouvé son corps, il n’a donc pas officiellement de sépulture mais ses petits-enfants ont fait graver son nom dans le marbre sur la tombe de son épouse à Yoncq (08).

Dans les années 1920 Angèle s’est réinstallée à La Berlière où elle marie sa fille le 30 Décembre 1936 à Emile BONNE originaire de Yoncq (08). Ce couple connaitra à son tour l’exil loin des Ardennes pendant la seconde guerre mondiale, mais il y reviendra ensuite. Ils ont eu quatre enfants et depuis 2014,  Jean-Marc, arrière petit-fils d’Albert est maire de la commune de La Berlière.

Jean Célestin Fernand BIGAUT

Naît à Gesnes en Argonne le 12 Février 1890 où sa famille est implanté depuis 1740. Il est le fils d’Antoine Victor et de Berthe Elisabeth BIGAUT et l’ainé d’une fratrie de sept enfants.

Au moment de ses vingt ans il est domestique de culture à Rémonville (08) chez mon arrière grand-père Adrien LALLEMENT. Déclaré bon pour le service il est incorporé le 2 Octobre 1911 au 3ème Régiment de Hussards. Devenu 1ère Classe le 13 Mars 1913 il est renvoyé dans ses foyers le 8 Novembre de la même année son certificat de bonne conduite en poche.

En Août 1914 il est mobilisé au 2ème Régiment de Hussards qui en Juillet 1915 se trouve dans le secteur de Neuville-Saint-Vaast (62) comme il est décrit dans l’extrait ci-dessous.

source : gallica

     source : gallica

C’est au cours du 17 Juillet 1915 qu’il est blessé par éclats d’obus aux reins et un peu partout sur le corps. Il apparait sur la liste des blessés extraite des journaux des opérations de marche.

source : Mémoire des Hommes

     source : Mémoire des Hommes

Il mourra finalement des suites de ses blessures le 2 Août 1915 à l’hôpital 52 de Noeux les Mines où il a été évacué. Il est inhumé au cimetière de cette commune dans le carré militaire, tombe 71. Il n’avait que 25 ans.

source : Mémorialgenweb

     source : Mémorialgenweb

100 mots pour mon grand-père

Aujourd’hui cela fait 30 ans que Jules LALLEMENT, mon grand-père, nous a quittés. Pour cet anniversaire je me suis prêtée à l’exercice proposé par Sophie : « 100 mots pour une vie », sacré challenge !…
« Né le 1er mars 1900 à Gesnes-en-Argonne, fait prisonnier en 1914, puis réfugié à Virignin tu y rencontres ta femme en 1916. Orphelin de père en 1918, appelé pour le service en 1920 tu feras une carrière militaire comme pilote.
En 1946, rentré à Lyon tu poursuis ta vie professionnelle aux tuileries et briqueteries Lyonnaises jusqu’à ta retraite en 1970.
Déjà veuf, tu cultives ton jardin, visites tes neveux, deviens le chauffeur de ta fille, vois grandir tes petits-enfants et naitre ton arrière-petit-fils.
Tu décèdes le 10 octobre 1985 en ayant incontestablement marqué, par ta personnalité, l’histoire de ta famille. »