Ernest Joseph TARTIVELLE

Naît à Gesnes en Argonne le 11 Mars 1894. Il est le fils de Jules Victor et de Marie Julie Denise MORIN et frère de Jules Nicolas décédé à la guerre en 1915.

De la classe 1914 et compte-tenu des événements il est incorporé directement comme soldat de 2ème classe le 1er Septembre au 166 ème Régiment d’Infanterie.

En 1915 ce régiment cantonne dans la plaine de la Woëvre et du 18 Mars au 8 Avril ont lieu les combats de Marcheville auxquels il participe. Sur sa fiche matricule on apprend qu’il est cité à l’ordre du régiment à la date du 27 Mars 1915 avec les termes suivants : « Est resté plus de vingt minutes dans une tranchée allemande conquise, sous un feu violent, exécutant avec le plus grand calme les ordres de son sergent ». Il est ensuite blessé à Fresnes en Woëvre le 9 Avril 1915.

A la fin du mois de Mai 1917 son régiment reçoit l’ordre de relever le 9° RT dans le secteur du Mont Blond, à l’est de Reims dans la Marne. Ce secteur vient d’être conquis par les Français mais il reste encore les tranchées Flensburg et Blonde aux mains des Allemands. L’ordre est donné le 18 Juin de les prendre à l’ennemi. C’est au cours de cette journée qu’il est tué à l’ennemi avec 36 de ses camarades au Mont Cornillet. Il avait 23 ans et était célibataire.

Il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile d’argent comme l’atteste le JO du 4 Novembre 1920.

Source : JO 4 11 1920 sur Gallica

Son décès est transcrit le 20 Mai 1921 à la mairie de Gesnes et il repose à côté de son frère au cimetière communal.

Source : Archives communales de Gesnes

Morts Pour La France et cousins…

A l’occasion du centenaire de la grande guerre, la commune de Gesnes-en-Argonne, a décidé d’honorer ses poilus en organisant une exposition qui se tiendra du 3 au 13 Novembre prochain.

Dans ce cadre, j’ai réalisé une étude généalogique sur les Morts Pour La France de ce village. Mon idée était de relier ces personnes aux habitants actuels mais également de retrouver leurs descendants essaimés en France.

La méthodologie a été la suivante :
Pour chaque soldat j’ai reconstitué son ascendance patronymique, puis, à partir de plus ancien ancêtre connu j’ai établi sa descendance complète, enfin parmi celle-ci j’ai listé les personnes susceptibles d’être encore en vie aujourd’hui.

J’ai regroupé tous les descendants sur un même tableau et les ai triés par ordre alphabétique croissant ; j’ai constaté que certaines personnes apparaissaient plusieurs fois démontrant ainsi que les MPLF avaient un ancêtre commun comme le montre le schéma ci-dessous (cliquez pour plus de lisibilité) :

Lien de cousinage entre 5 soldats de Gesnes

J’ai recensé au moins une dizaine de liens différents entre les soldats avec différentes combinaisons. J’ai aussi constaté que 58% des habitants actuels cousinent avec Jules Arthur Balardelle.

Ma cousine Michèle, a mis en image ces liens, une mini biographie des MPLF et d’autres événements ayant eu lieu au village durant cette période et son travail sera exposé pendant cette manifestation.

Je vous invite donc à vous rendre à cette manifestation qui ne manquera pas d’intérêt si vous avez un lien avec Gesnes. En attendant je vous propose de lire ICI l’article paru dans l’Est Républicain d’hier.

Maintenant il ne reste plus qu’à retrouver les coordonnées des descendants (environ 400) pour les convier à venir voir ce moment important de la vie cette commune, de quoi occuper les mois à venir… 😉

Jules Arthur BALARDELLE

Nait à Gesnes en Argonne le 16 Juin 1875. Il est le fils d’Auguste et de Marie Augustine VASSART. A sa naissance la famille est composée de Sidonie née en 1865 et d’Alphonse né en 1867. Puis viendra Clémence en 1878.

Jusqu’à ses vingt ans, Jules vit à Gesnes où son père est cultivateur. La famille Balardelle est originaire des Ardennes mais une branche a fait souche dans ce village à la fin du 18ème siècle.

Il passe devant le conseil de révision en 1895 ; déclaré bon pour le service il incorpore le 150ème RI le 14 Novembre 1896 comme soldat de 2ème classe. Il obtient son certificat de bonne conduite et passe dans la diponibilité le 20 Septembre 1899 et dans la réservve le 1er Novembre de la même année.

Il effectue une période d’exercices du 29 Septembre au 26 Octobre 1902 au 150ème RI. Deux ans plus tard il se marie à Bayonville le 11 Avril avec Zélie Appoline GUILLAUME et en Mai ils s’installent tous les deux à Sivry lès Buzancy (aujourd’hui rattaché à Buzancy 08). Neuf mois plus tard, Gabrielle, leur premier enfant arrive au foyer.

En 1906 pour sa seconde période d’exercices, il est affecté au 147ème RI. Passé dans la territoriale le 1er Octobre 1909 il sera muté au 46ème RIT pour sa troisième période du 26 Mai au 3 Juin 1910.

En 1912 la famille s’agrandit avec l’arrivée de Charles. Deux ans plus tard la guerre éclate et il est mobilisé au 46ème RIT qu’il rejoint le 3 Août 1914. Le 11 Décembre 1915 il est transféré au 35ème RIT. A la date du 3 Août 1916 ce régiment se trouve dans le secteur d’Hemont-Avocourt dans la Meuse et y restera jusqu’au 16 Décembre. C’est une période dure dans un secteur où les troupes font preuve d’une ténacité, d’une endurance et d’un courage remarquables.

C’est à Avocourt, que le 19 Août 1916, Jules reçoit un éclat d’obus dans la poitrine qui entraîne son décès. Il a quarante et un ans, sa fille ainée a onze ans et son garçon en a deux.

JMO 35° RIT - Mémoire des Hommes

JMO 35° RIT – Mémoire des Hommes

Sa veuve jouit d’une pension de veuve de guerre à compter du 20 Août 1916 de 563 francs, comme c’est noté dans le JO du 5 Aout 1917. Et dans celui du 6 Décembre 1919 on peut lire ceci à son sujet : « soldat excellent tombé au champ d’honneur pour le salut de la patrie. Mort en brave. A été cité ».

Son décès est transcrit le 5 Janvier 1920 à Sivry lès Buzancy mais il repose pour l’éternité au cimetière communal de Gesnes et figure sur le monument aux morts de son village natal.

Collection personnelle

Collection personnelle

Dernières nouvelles d’Antoine…

Ce lundi 12 Juin 1916, Antoine est toujours en bonne santé et espère le rester jusqu’à la délivrance… Il s’enquiert de la santé de son frère et souhaite qu’elle se soit améliorée. Il attend en retour des nouvelles de sa famille. C’est la dernière carte que je possède de lui avant…. 1918 ! Il ne le sait pas encore, bien sûr, mais dans un peu moins d’un mois il sera fait prisonnier par les Allemands à Thiaumont, ouvrage que son régiment avait reçu l’ordre de défendre. Je vous laisse aller consulter le journal du régiment pour la journée du 4 Juillet 1916 sur le site Mémoire des Hommes, journée au cours de laquelle il sera pris.

Collection personnelle

Collection personnelle

Henri Arthur Nicolas Albert WIBLET

Nait à La Berlière le 2 Mars 1886. Il est le fils de Jean Baptiste Eugène et de Marie Célinie BAULNY. A sa naissance son unique sœur a cinq ans et demi.

Il se marie dans son village le 22 Septembre 1906 avec Jeanne SEVEUR née au même endroit en 1887. La même année il passe devant le conseil de révision qui le déclare bon pour le service.

Il est incorporé au 132 RI le 9 Octobre 1907. Il passe 1ère classe le 15 Octobre 1908 et dans la disponibilité le 25 Septembre 1909, son certificat de bonne conduite en poche.

Il se marie une seconde fois le 27 Mais 1913 à Rémonville avec Angèle LALLEMENT, sœur de mon grand-père Jules, née à Gesnes en Argonne (55) en 1890.  Je suppose qu’il est veuf mais je n’ai aucun document qui confirme cette théorie. Neuf mois plus tard, le 2 Février 1914, Alice, Elise, arrive au foyer des parents. Mais la guerre éclate et Albert rejoint le 332ème RI le 4 Aout 1914. La mort le fauche rapidement sur le champ de bataille puisqu’il est tué à l’ennemi le 13 Septembre 1914 à Aguilcourt (02). On peut retrouver l’historique de cette terrible journée sur le JMO du 332ème RI sur le site Mémoire des Hommes dont sont extraits les photos suivantes :

Sa femme, veuve et maman d’un bébé rejoint sa mère à Rémonville et est expatriée avec sa famille comme je l’ai  raconté dans l’article consacré à Adrien LALLEMENT.

Albert est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze selon le Journal Officiel du 4 janvier 1923. Il figure sur le monument aux morts de son village natal. Je pense qu’on n’a jamais retrouvé son corps, il n’a donc pas officiellement de sépulture mais ses petits-enfants ont fait graver son nom dans le marbre sur la tombe de son épouse à Yoncq (08).

Dans les années 1920 Angèle s’est réinstallée à La Berlière où elle marie sa fille le 30 Décembre 1936 à Emile BONNE originaire de Yoncq (08). Ce couple connaitra à son tour l’exil loin des Ardennes pendant la seconde guerre mondiale, mais il y reviendra ensuite. Ils ont eu quatre enfants et depuis 2014,  Jean-Marc, arrière petit-fils d’Albert est maire de la commune de La Berlière.

Auguste Jean VIARDS

Nait le 24 Mars 1881 à Aurillac (15). Il est le fils de Jean Auguste et de Jeanne REVEILHAC et dernier d’une fratrie de sept enfants (quatre garçons et trois filles).

De la classe 1901 il passe devant le conseil de révision d’Aurillac où il exerce la profession d’ouvrier en parapluie (industrie prospère à cette époque). Il est ajourné pour faiblesse en 1902 et 1903. Comme la loi le prévoit, après deux ajournements si l’état physique de la recrue ne comporte pas d’exemption définitive, celle-ci est affectée aux services auxiliaires. C’est son cas, puis le 1er Novembre 1905 il passe dans la réserve de l’armée d’active.

Après cette date je perds sa trace. Il ne figure pas sur le recensement d’Aurillac de 1906 et n’est pas témoin au mariage de son frère ni au décès de son autre frère en 1906. Finalement je le retrouve au moment de son mariage, le 20 Février 1911, avec Madelaine LACOSTE. Il est alors voiturier chez Monsieur Giraud et réside 10 rue des tanneurs à Aurillac. L’année suivante il est témoin au décès de sa maman.

Source : AD Cantal

Source : AD Cantal Recensement Aurillac 1911

Mobilisé le 2 Août 1914 à la gare d’Aurillac comme planton, il est finalement classé dans le service armé le 6 Novembre 1914 et affecté au 139ème RI à partir du 28 Novembre de la même année. Il passe ensuite au 92ème RI le 25 Avril 1915 puis au 361ème RI le 2 Octobre 1915.

Ce régiment est aux tranchées dans le secteur de Saint Soupplet en Champagne, où il va passer l’hiver. Un bataillon est en ligne pendant que l’autre est au repos, au Bois Raquette ou au Bois 157 et vice-versa. Le JMO du  361ème pour la période de Février 1916 nous rappelle les faits suivants :

Source Mémoire des Hommes

Source Mémoire des Hommes

C’est sans doute lui qui fait partie des quatre hommes tués puisqu’il est déclaré tué à l’ennemi le 24 Février 1916, il a 34 ans. Le 8 Mai 1916 un secours immédiat de 150 Francs est attribué à sa veuve domiciliée 10 rue des tanneurs à Aurillac. Le Journal Officiel du 19 Octobre 1916 nous indique que celle-ci  percevra une pension de 563 Francs à compter du 25 Février 1916, celui du 24 Octobre 1921 fait mention de l’attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

Je n’ai aucune information sur son lieu de sépulture mais il figure sur le monument aux Morts de sa commune natale.

Il n’a à ma connaissance aucun descendant direct mais son arrière arrière petite-nièce chère à mon cœur naitra quatre-vingt ans plus tard en Février…

La guerre en Champagne suite

Le 17 Février 1916 Antoine Bonnefoy écrit deux cartes postales. Il est toujours en Champagne où le temps est mauvais. Il évoque les poux, les rats, les chats et avoue en avoir « plein le dos ». Sur le front le moral des hommes n’est pas si bon que le disent les journaux et les hommes en ont assez. Il espère avoir une permission pour avoir la joie de revoir les siens mais rien n’est moins sûr. Il ajoute que de son côté cela va chauffer dans quelques temps. Nous sommes à quelques jours du début de la bataille de Verdun…