A-t-il voté ?…

En ce jour d’élection présidentielle je voudrais vous présenter une carte d’électeur retrouvée dans les archives familiales. Elle a été établie à partir de la liste électorale du 28 Février 1945.  J’en déduis qu’elle a du être faite pour les élections municipales des 29 Avril et 13 Mai 1945. Ce scrutin est le premier depuis la Libération et le premier également auquel peuvent participer les femmes.

Cette carte est celle de « pépé Bonnefoy », époux de mon arrière grand-mère paternelle, Maria Triboulet.

Sur le recto est indiqué l’adresse du bureau de vote et sur le verso les coordonnées de l’électeur ainsi que sa profession.

Mon arrière grand-père a-t-il voté ? Je n’ai aucun élément de réponse pour le premier tour mais pour le second j’ai la certitude que non puisqu’il est décédé le 7 Mai 1945, entre les deux tours, il y a tout juste soixante-douze ans.

A noter que la carte d’électeur a pris le nom de carte électorale depuis le scrutin du 12 Juin 1994.

Bon dimanche et n’oubliez pas d’aller voter 😉

Morts Pour La France et cousins…

A l’occasion du centenaire de la grande guerre, la commune de Gesnes-en-Argonne, a décidé d’honorer ses poilus en organisant une exposition qui se tiendra du 3 au 13 Novembre prochain.

Dans ce cadre, j’ai réalisé une étude généalogique sur les Morts Pour La France de ce village. Mon idée était de relier ces personnes aux habitants actuels mais également de retrouver leurs descendants essaimés en France.

La méthodologie a été la suivante :
Pour chaque soldat j’ai reconstitué son ascendance patronymique, puis, à partir de plus ancien ancêtre connu j’ai établi sa descendance complète, enfin parmi celle-ci j’ai listé les personnes susceptibles d’être encore en vie aujourd’hui.

J’ai regroupé tous les descendants sur un même tableau et les ai triés par ordre alphabétique croissant ; j’ai constaté que certaines personnes apparaissaient plusieurs fois démontrant ainsi que les MPLF avaient un ancêtre commun comme le montre le schéma ci-dessous (cliquez pour plus de lisibilité) :

Lien de cousinage entre 5 soldats de Gesnes

J’ai recensé au moins une dizaine de liens différents entre les soldats avec différentes combinaisons. J’ai aussi constaté que 58% des habitants actuels cousinent avec Jules Arthur Balardelle.

Ma cousine Michèle, a mis en image ces liens, une mini biographie des MPLF et d’autres événements ayant eu lieu au village durant cette période et son travail sera exposé pendant cette manifestation.

Je vous invite donc à vous rendre à cette manifestation qui ne manquera pas d’intérêt si vous avez un lien avec Gesnes. En attendant je vous propose de lire ICI l’article paru dans l’Est Républicain d’hier.

Maintenant il ne reste plus qu’à retrouver les coordonnées des descendants (environ 400) pour les convier à venir voir ce moment important de la vie cette commune, de quoi occuper les mois à venir… 😉

Marquoir ancien

Marie Mélanie  Vincent naît à Jaillans (26) le 24 Janvier 1846. Elle est la sœur de  Joseph Frédéric Vincent que j’ai déjà évoqué ici  En 1857 elle habite avec ses deux frères et sa sœur et fréquente l’école du village. A cette époque les filles préparent leur future vie d’épouse accomplie et la couture fait partie de leur instruction. Elle réalise dans ce cadre un beau marquoir en couleur, brodé avec de la laine. Il est un peu abîmé par le temps mais c’est très émouvant de l’avoir retrouvé. Cela l’est d’autant plus que Marie décédera trois ans après sa réalisation, le 6 Avril 1860 à Jaillans à l’âge de 14 ans.

Collection personelle

Collection personelle

Anniversaire de mariage…

Chers grands-parents,

Vous fêteriez aujourd’hui vos noces de chêne soit quatre-vingt dix ans de mariage, quelle belle aventure ! Mais dans la vraie vie il en fut autrement, et peu après vos noces d’émeraude, tu décédais grand-mère, mettant un point final à votre parcours en duo.

Pour arriver à ce mariage il vous en a fallu de la patience, de la constance et de l’amour depuis ce jour, où toi grand-mère, tu es tombée de ton vélo et qu’un inconnu t’as aidée à te relever. Vous étiez très jeunes tous les deux, toi tu avais 16 ans et lui 15. Tu ne l’avais jamais vu auparavant et pour cause ! Il était meusien, réfugié à Virignin comme tant d’autres de ses compatriotes.

Dix ans ont été nécessaires pour que vous puissiez enfin unir vos destinées. Dix années pendant lesquelles vous vous êtes beaucoup écrits, vus quelques fois. Dix ans au cours desquels la nature de votre attachement est passée de l’amitié aux tendres baisers.

Des guerres vont ont tenus éloignés loin de l’autre. La grande guerre bien sûr mais aussi la guerre du Rif au Maroc, car grand-père tu es devenu militaire. D’ailleurs tu n’es arrivé que quelques jours avant la noce et c’est en tenue de sergent que tu as dit « oui » à ta promise ce lundi 26 Décembre 1926. Un lundi oui, car ta belle-mère tenait un magasin de chaussures et le jour de repos n’était pas le samedi. Votre union a été célébrée à l’église Saint Pierre de Vaise.

 

Vous avez ensuite rejoint, en calèche,  l’hôtel du commerce à Tassin la Demi Lune. Et c’est là que vous avez fait la photo ci-dessous où tout le monde pose pour la postérité.

Collection personnelle

Collection personnelle

Sur celle-ci, peu de famille de ton côté grand-père ; seules ta mère et tes sœurs ont fait le voyage depuis les Ardennes, ton père étant décédé en 1918. J’ai presque réussi à trouver tous les noms mais il m’en manque quelques uns…

Ensuite vous avez festoyé comme il se doit en de telles circonstances et vous avez dû vous régaler si l’on en juge par le « menu du jour »…

collection personnelle

collection personnelle

Et puis vous êtes repartis à votre vie, unis et amoureux. Votre famille s’est agrandie avec l’arrivée de deux enfants et plus tard de quatre petits-enfants. Après avoir habité en val de Loire, vous êtes revenus en 1946 dans cette maison de Vaise où vous avez fini vos jours. Cette maison chère à mon cœur, qui avait une âme…

collection personnelle

collection personnelle

 

Bonne fête grand-mère !

Aujourd’hui nous fêtons les Augustine, prénom de ma grand-père paternelle dont je vous ai déjà parlé. Tous les ans plusieurs personnes de la famille lui envoyaient  une carte à cette occasion . Parmi celles-ci deux qu’elle a reçues il y a cent ans.

Collection personnelle

Collection personnelle

L’auteur de celle-ci est Jules Bonnefoy, son père adoptif, qui lui écrit à Virignin où elle passe ses vacances chez sa cousine germaine Maria Martin.

Collection personnelle

Collection personnelle

La seconde est écrite par Félicie Botton, sa tante . Cette dernière réponds à une carte qu’Augustine lui a adressée. Félicie lui conseille de bien profiter de ses vacances à Virignin et notamment de ses promenades à vélo. Elle lui conseille également d’éviter les pelles. Fait-elle allusion à sa chute en vélo qui, on le sait aujourd’hui, sera déterminante pour sa vie future ?

Cette date est aussi un anniversaire pour la famille Lallement puisque c’est celle qui marque le retour sur Lyon, en 1946. C’est la crise du logement après guerre, la maison de Vaise est vide depuis le décès de Jules Bonnefoy en 1945, alors la décision de réintégrer cette demeure parut évidente, d’autant plus que mon grand-père a fini sa carrière militaire.

Coll personnelle - environs de Limoges

Coll personnelle – environs de Limoges – 1946

L’oncle de mon père, lui envoie cette carte des environs de Limoges pour lui souhaiter un bon retour à Lyon.

Léon Benoit Victor VINCENT

Avec cet article je fais une incursion du côté des ancêtres de mon mari en vous présentant son arrière grand-père et ce que je sais de lui à partir des informations familiales et des archives consultées.

Léon Benoît Victor Vincent naît le 24 Avril 1876 à Saint Michel de Maurienne, au 62 grande rue, dans le quartier de la Samaritaine.

Source Delcampe

Source Delcampe

Ses parents, Joseph Frédéric et Benoîte GRANGE, se sont mariés le 15 Janvier 1873 à Valloire (73), village natal de Benoîte. A cette date Joseph, employé de chemin de fer est âgé de 31 ans, et sa femme, ménagère en a 22, elle est donc mineure. Seize mois plus tard naît à Saint Michel, Blanche, la sœur aînée de Léon. Toute la famille figure sur le recensement de la commune du 30 Juin 1876.

Source : AD Savoie

Source : AD Savoie

La souche de la famille Vincent se situe dans la Drôme et plus exactement à Saint Nazaire en Royans depuis 1700 environ, puis une branche s’est fixée à Jaillans (rattachée avant à Beauregard Barret). De la Drôme à la Savoie il n’y a qu’un….train et je suppose que c’est suite à une affectation de Joseph en Maurienne que ce dernier à connu sa femme.

Léon passe donc la première partie de son enfance en Savoie avant de partir, entre 6 et 8 ans, pour Culoz dans l’Ain. Ce village est un noeud ferroviaire puisqu’il y a la ligne PLM de Lyon et Mâcon à Genève avec un embranchement sur Aix les Bains, Chambéry, Turin et Milan. C’est dans cette commune que naît son frère Joseph Ernest, le 2 Septembre 1884. Cette même année, Léon perd son grand-père paternel Frédéric, le 16 Octobre à Jaillans. En 1886 toute la famille habite toujours Culoz, rue de la gare.

Collection personnelle

Collection personnelle

Combien de temps y reste-t-elle ? Je ne trouve pas trace de Joseph sur les listes électorales de la commune de 1890. Pour avoir une idée du lieu de résidence de la famille je me tourne vers les fiches matricules pour retrouver la trace de Léon. Il n’est pas enregistré en Savoie, département de sa naissance. J’essaye ensuite la Drôme, et là, il figure effectivement sur la liste du canton de Valence, bureau de Romans sur Isère.

En 1896 selon sa fiche matricule il réside à Valence, 1 Place de la Paix. Je « file » sur le des archives départementales de la Drôme et commence à visualiser les 775 pages du recensement de 1896. Il n’est pas répertorié place de la Paix mais 1 rue de Sucy dans le quartier de Jappe Renard, situé non loin de la gare de Valence. Maintenant que j’ai son adresse je consulte le recensement précédent, celui de 1891. J’y retrouve au même endroit toute la famille. Elle est donc rentrée dans sa région d’origine entre 1886 et 1891.

Source : AD 26

Source : AD 26

Sa fiche matricule nous donne également de précieuses informations, notamment concernant son physique. C’est ainsi que j’apprends qu’il a les cheveux châtain clair et les yeux bleus. Il mesure 1.73 mètres. Son front, sa bouche sont moyens, son menton rond et son visage ovale. Il sait lire, écrire, compter. Quant à sa profession il est dit mécanicien armurier.

Déclaré bon pour le service il est affecté au 13ème bataillon d’artillerie à pied qu’il rejoint le 15 Novembre 1897. Il est mis en congé le 22 Septembre 1900 en attendant son passage dans la réserve qui a lieu le 15 Novembre au 12ème bataillon d’artillerie à pied stationné à Tournoux (04).

Son certificat de bonne conduite en poche, il décide d’entrer lui aussi aux chemins de fer et il intègre la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée le 10 Octobre 1900 comme ajusteur. L’ajusteur est un ouvrier chargé d’ajuster les pièces mécaniques avant montage. C’est un grade de la filière des ouvriers en ateliers ou en dépôt.

Source : Archives SNCF - Béziers

Source : Archives SNCF – Béziers

Je pense que c’est à partir de cette date qu’il s’est installé à Lyon. Faisant partie des chemins de fer il sera dispensé d’effectuer ses périodes de réserve. Il peut donc fonder un foyer, libéré de toute obligation militaire.

L’année 1901 est celle des mariages. Celui de sa sœur Blanche, qui épouse le 11 Janvier, à Beauregard Barret Emile FRAISSE, employé au PLM, natif d’Orange (84). Puis c’est lui qui, le 21 Septembre s’unit à Montboucher sur Jabron, avec Marceline MARCEL, originaire de Manas (deux villages du sud dromois). Il a 25 ans, sa femme dix de moins. Il est domicilié 46 rue de la Claire à Lyon 5ème, dans le quartier de Vaise, tout près de la gare éponyme. C’est un quartier où résident beaucoup de cheminots car la compagnie PLM met à disposition de ses ouvriers des logements à bon marché, des écoles ménagères et professionnelles, des secours pour les familles et des facilités de voyages.

 

Quatre ans plus tard c’est l’arrivée au foyer de son premier enfant, Marcelle, qui voit le jour le 4 Mai 1905 au 10 Rue du Tunnel (actuellement rue Sergent Michel Berthet) à Vaise. Puis naît Léon Benoît Marcel le 4 Juin 1912 au 57 Rue de Bourgogne, toujours dans le même quartier. Le plan ci-dessous montre les différents lieux de résidence du couple (chiffres en bleu).

Source du plan : AM Lyon

Source du plan : AM Lyon

A Lyon l’année 1914 est celle de l’exposition internationale urbaine organisée par la municipalité. Le but est de faire connaître tous les progrès réalisés dans l’ordre de l’administration et de l’hygiène municipale qu’il s’agisse de travaux publics ou d’institutions sociales. Elle s’ouvre le 1er Mai. Léon, Benoite et leurs deux enfants âgés de neuf et deux ans la visitent-ils ?

 

Mais cette année là c’est aussi le retour de la guerre. Mobilisé comme beaucoup d’autres, Léon ne partira cependant pas aux tranchées. Compte-tenu de son travail il sera maintenu dans son emploi de cheminot du 2 Août 1914 au 5 Février 1919 au titre des sections de chemin de fer de campagne. Celles-ci étaient chargées en temps de guerre, avec les sapeurs de chemin de fer du 5ème régiment du Génie, de la construction, de la réparation et de l’exploitation des voies ferrées.

En mars 1921 la famille s’agrandit avec l’arrivée de Camille, second fils et dernier enfant du couple. Ils sont toujours rue de Bourgogne.

Source : Google Maps

57 rue de Bourgogne (X) – Source : Google Maps

Les années suivantes Léon doit faire face à la disparition de son père en 1922, de son oncle en 1924 et de sa belle-mère Rosalie CHENU qui rend son dernier souffle chez lui le 17 Octobre 1925. Elle est enterrée deux jours plus tard au cimetière de Loyasse, à Lyon 5ème. En 1930 elle est exhumée vers un autre lieu que je ne connais pas.

Le 1er Juin 1928 il fait valoir ses droits à la retraite. Il n’a que 52 ans et deux enfants encore mineurs, âgés de16 et 7 ans. Sa fille aînée, couturière, habite toujours avec lui. Mais le malheur frappe à sa porte et le 29 Aout 1930 Marcelle, décède à l’hôpital de l’Antiquaille dans le 5ème arrondissement de Lyon à l’âge de 25 ans. Trois jours plus tard elle est mise en terre à Jaillans dans le caveau familial. Tombe qui sera rouverte en 1932 au décès de sa mère Benoîte.

Collection personnelle

Collection personnelle

Le 18 Mars 1938 son fils Léon se marie à Aurillac (15) avec Madeleine VIARDS, native de cette commune. Comment se sont-ils rencontrés ? Pourquoi Léon (junior) est-il à Aurillac ? C’est un mystère pour moi à ce jour. Madeleine est dite sans profession sur son acte de mariage mais en fait c’est une artiste. Elle fait en effet partie d’un groupe folklorique auvergnat et se produit à plusieurs endroits. Elle est de dix ans son aînée mais vous conviendrez qu’en voyant leur photo de mariage ci-dessous on ne le remarque absolument pas !

 

Deux ans plus tard, le 1er Février 1938, ce couple a son premier bébé, Monique. Elle naît à Aurillac au 4 Boulevard Pont Rouge. Léon (senior) devient donc grand-père pour la première fois, mais son bonheur est de courte durée puisqu’il décède deux semaines plus tard, le 16 Février à son domicile à Vaise. Il est enterré avec ses parents et sa fille à Jaillans le 18 Février.

Sa femme va lui survivre 24 ans, puisqu’elle s’éteint le 24 Juillet 1962 à Tulle (19), je pense chez son fils. Léon et Marceline ont eu au total trois enfants, huit petits-enfants, dix huit arrières petits-enfants et à ma connaissance 14 arrières arrières petits-enfants.

Les seules photos que j’ai de Léon et Marceline sont les suivantes ; elles datent sans doute du mariage de Léon (junior) ; elles veillent sur leurs dépouilles au cimetière de Jaillans.

 

100 mots pour mon grand-père

Aujourd’hui cela fait 30 ans que Jules LALLEMENT, mon grand-père, nous a quittés. Pour cet anniversaire je me suis prêtée à l’exercice proposé par Sophie : « 100 mots pour une vie », sacré challenge !…
« Né le 1er mars 1900 à Gesnes-en-Argonne, fait prisonnier en 1914, puis réfugié à Virignin tu y rencontres ta femme en 1916. Orphelin de père en 1918, appelé pour le service en 1920 tu feras une carrière militaire comme pilote.
En 1946, rentré à Lyon tu poursuis ta vie professionnelle aux tuileries et briqueteries Lyonnaises jusqu’à ta retraite en 1970.
Déjà veuf, tu cultives ton jardin, visites tes neveux, deviens le chauffeur de ta fille, vois grandir tes petits-enfants et naitre ton arrière-petit-fils.
Tu décèdes le 10 octobre 1985 en ayant incontestablement marqué, par ta personnalité, l’histoire de ta famille. »