Jules Arthur BALARDELLE

Nait à Gesnes en Argonne le 16 Juin 1875. Il est le fils d’Auguste et de Marie Augustine VASSART. A sa naissance la famille est composée de Sidonie née en 1865 et d’Alphonse né en 1867. Puis viendra Clémence en 1878.

Jusqu’à ses vingt ans, Jules vit à Gesnes où son père est cultivateur. La famille Balardelle est originaire des Ardennes mais une branche a fait souche dans ce village à la fin du 18ème siècle.

Il passe devant le conseil de révision en1895 ; déclaré bon pour le service il incorpore le 150ème RI le 14 Novembre 1896 comme soldat de 2ème classe. Il obtient son certificat de bonne conduite et passe dans la diponibilité le 20 Septembre 1899 et dans la réservve le 1er Novembre de la même année.

Il effectue une période d’exercices du 29 Septembre au 26 Octobre 1902 au 150ème RI. Deux ans plus tard il se marie à Bayonville le 11 Avril avec Zélie Appoline GUILLAUME et en Mai ils s’installent tous les deux à Sivry lès Buzancy (aujourd’hui rattaché à Buzancy 08). Neuf mois plus tard, Gabrielle, leur premier enfant arrive au foyer.

En 1906 pour sa seconde période d’exercices, il est affecté au 147ème RI. Passé dans la territoriale le 1er Octobre 1909 il sera muté au 46ème RIT pour sa troisième période du 26 Mai au 3 Juin 1910.

En 1912 la famille s’agrandit avec l’arrivée de Charles. Deux ans plus tard la guerre éclate et il est mobilisé au 46ème RIT qu’il rejoint le 3 Août 1914. Le 11 Décembre 1915 il est transféré au 35ème RIT. A la date du 3 Août 1916 ce régiment se trouve dans le secteur d’Hemont-Avocourt dans la Meuse et y restera jusqu’au 16 Décembre. C’est une période dure dans un secteur où les troupes font preuve d’une ténacité, d’une endurance et d’un courage remarquables.

C’est à Avocourt, que le 19 Août 1916, Jules reçoit un éclat d’obus dans la poitrine qui entraîne son décès. Il a quarante et un ans, sa fille ainée a onze ans et son garçon en a deux.

JMO 35° RIT - Mémoire des Hommes

JMO 35° RIT – Mémoire des Hommes

Sa veuve jouit d’une pension de veuve de guerre à compter du 20 Août 1916 de 563 francs, comme c’est noté dans le JO du 5 Aout 1917. Et dans celui du 6 Décembre 1919 on peut lire ceci à son sujet : » soldat excellent tombé au champ d’honneur pour le salut de la patrie. Mort en brave. A été cité ».

Son décès est transcrit le 5 Janvier 1920 à Sivry lès Buzancy mais il repose pour l’éternité au cimetière communal de Gesnes et figure sur le monument aux morts de son village natal.

Collection personnelle

Collection personnelle

Léon Benoit Victor VINCENT

Avec cet article je fais une incursion du côté des ancêtres de mon mari en vous présentant son arrière grand-père et ce que je sais de lui à partir des informations familiales et des archives consultées.

Léon Benoît Victor Vincent naît le 24 Avril 1876 à Saint Michel de Maurienne, au 62 grande rue, dans le quartier de la Samaritaine.

Source Delcampe

Source Delcampe

Ses parents, Joseph Frédéric et Benoîte GRANGE, se sont mariés le 15 Janvier 1873 à Valloire (73), village natal de Benoîte. A cette date Joseph, employé de chemin de fer est âgé de 31 ans, et sa femme, ménagère en a 22, elle est donc mineure. Seize mois plus tard naît à Saint Michel, Blanche, la sœur aînée de Léon. Toute la famille figure sur le recensement de la commune du 30 Juin 1876.

Source : AD Savoie

Source : AD Savoie

La souche de la famille Vincent se situe dans la Drôme et plus exactement à Saint Nazaire en Royans depuis 1700 environ, puis une branche s’est fixée à Jaillans (rattachée avant à Beauregard Barret). De la Drôme à la Savoie il n’y a qu’un….train et je suppose que c’est suite à une affectation de Joseph en Maurienne que ce dernier à connu sa femme.

Léon passe donc la première partie de son enfance en Savoie avant de partir, entre 6 et 8 ans, pour Culoz dans l’Ain. Ce village est un noeud ferroviaire puisqu’il y a la ligne PLM de Lyon et Mâcon à Genève avec un embranchement sur Aix les Bains, Chambéry, Turin et Milan. C’est dans cette commune que naît son frère Joseph Ernest, le 2 Septembre 1884. Cette même année, Léon perd son grand-père paternel Frédéric, le 16 Octobre à Jaillans. En 1886 toute la famille habite toujours Culoz, rue de la gare.

Collection personnelle

Collection personnelle

Combien de temps y reste-t-elle ? Je ne trouve pas trace de Joseph sur les listes électorales de la commune de 1890. Pour avoir une idée du lieu de résidence de la famille je me tourne vers les fiches matricules pour retrouver la trace de Léon. Il n’est pas enregistré en Savoie, département de sa naissance. J’essaye ensuite la Drôme, et là, il figure effectivement sur la liste du canton de Valence, bureau de Romans sur Isère.

En 1896 selon sa fiche matricule il réside à Valence, 1 Place de la Paix. Je « file » sur le des archives départementales de la Drôme et commence à visualiser les 775 pages du recensement de 1896. Il n’est pas répertorié place de la Paix mais 1 rue de Sucy dans le quartier de Jappe Renard, situé non loin de la gare de Valence. Maintenant que j’ai son adresse je consulte le recensement précédent, celui de 1891. J’y retrouve au même endroit toute la famille. Elle est donc rentrée dans sa région d’origine entre 1886 et 1891.

Source : AD 26

Source : AD 26

Sa fiche matricule nous donne également de précieuses informations, notamment concernant son physique. C’est ainsi que j’apprends qu’il a les cheveux châtain clair et les yeux bleus. Il mesure 1.73 mètres. Son front, sa bouche sont moyens, son menton rond et son visage ovale. Il sait lire, écrire, compter. Quant à sa profession il est dit mécanicien armurier.

Déclaré bon pour le service il est affecté au 13ème bataillon d’artillerie à pied qu’il rejoint le 15 Novembre 1897. Il est mis en congé le 22 Septembre 1900 en attendant son passage dans la réserve qui a lieu le 15 Novembre au 12ème bataillon d’artillerie à pied stationné à Tournoux (04).

Son certificat de bonne conduite en poche, il décide d’entrer lui aussi aux chemins de fer et il intègre la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée le 10 Octobre 1900 comme ajusteur. L’ajusteur est un ouvrier chargé d’ajuster les pièces mécaniques avant montage. C’est un grade de la filière des ouvriers en ateliers ou en dépôt.

Source : Archives SNCF - Béziers

Source : Archives SNCF – Béziers

Je pense que c’est à partir de cette date qu’il s’est installé à Lyon. Faisant partie des chemins de fer il sera dispensé d’effectuer ses périodes de réserve. Il peut donc fonder un foyer, libéré de toute obligation militaire.

L’année 1901 est celle des mariages. Celui de sa sœur Blanche, qui épouse le 11 Janvier, à Beauregard Barret Emile FRAISSE, employé au PLM, natif d’Orange (84). Puis c’est lui qui, le 21 Septembre s’unit à Montboucher sur Jabron, avec Marceline MARCEL, originaire de Manas (deux villages du sud dromois). Il a 25 ans, sa femme dix de moins. Il est domicilié 46 rue de la Claire à Lyon 5ème, dans le quartier de Vaise, tout près de la gare éponyme. C’est un quartier où résident beaucoup de cheminots car la compagnie PLM met à disposition de ses ouvriers des logements à bon marché, des écoles ménagères et professionnelles, des secours pour les familles et des facilités de voyages.

 

Quatre ans plus tard c’est l’arrivée au foyer de son premier enfant, Marcelle, qui voit le jour le 4 Mai 1905 au 10 Rue du Tunnel (actuellement rue Sergent Michel Berthet) à Vaise. Puis naît Léon Benoît Marcel le 4 Juin 1912 au 57 Rue de Bourgogne, toujours dans le même quartier. Le plan ci-dessous montre les différents lieux de résidence du couple (chiffres en bleu).

Source du plan : AM Lyon

Source du plan : AM Lyon

A Lyon l’année 1914 est celle de l’exposition internationale urbaine organisée par la municipalité. Le but est de faire connaître tous les progrès réalisés dans l’ordre de l’administration et de l’hygiène municipale qu’il s’agisse de travaux publics ou d’institutions sociales. Elle s’ouvre le 1er Mai. Léon, Benoite et leurs deux enfants âgés de neuf et deux ans la visitent-ils ?

 

Mais cette année là c’est aussi le retour de la guerre. Mobilisé comme beaucoup d’autres, Léon ne partira cependant pas aux tranchées. Compte-tenu de son travail il sera maintenu dans son emploi de cheminot du 2 Août 1914 au 5 Février 1919 au titre des sections de chemin de fer de campagne. Celles-ci étaient chargées en temps de guerre, avec les sapeurs de chemin de fer du 5ème régiment du Génie, de la construction, de la réparation et de l’exploitation des voies ferrées.

En mars 1921 la famille s’agrandit avec l’arrivée de Camille, second fils et dernier enfant du couple. Ils sont toujours rue de Bourgogne.

Source : Google Maps

57 rue de Bourgogne (X) – Source : Google Maps

Les années suivantes Léon doit faire face à la disparition de son père en 1922, de son oncle en 1924 et de sa belle-mère Rosalie CHENU qui rend son dernier souffle chez lui le 17 Octobre 1925. Elle est enterrée deux jours plus tard au cimetière de Loyasse, à Lyon 5ème. En 1930 elle est exhumée vers un autre lieu que je ne connais pas.

Le 1er Juin 1928 il fait valoir ses droits à la retraite. Il n’a que 52 ans et deux enfants encore mineurs, âgés de16 et 7 ans. Sa fille aînée, couturière, habite toujours avec lui. Mais le malheur frappe à sa porte et le 29 Aout 1930 Marcelle, décède à l’hôpital de l’Antiquaille dans le 5ème arrondissement de Lyon à l’âge de 25 ans. Trois jours plus tard elle est mise en terre à Jaillans dans le caveau familial. Tombe qui sera rouverte en 1932 au décès de sa mère Benoîte.

Collection personnelle

Collection personnelle

Le 18 Mars 1938 son fils Léon se marie à Aurillac (15) avec Madeleine VIARDS, native de cette commune. Comment se sont-ils rencontrés ? Pourquoi Léon (junior) est-il à Aurillac ? C’est un mystère pour moi à ce jour. Madeleine est dite sans profession sur son acte de mariage mais en fait c’est une artiste. Elle fait en effet partie d’un groupe folklorique auvergnat et se produit à plusieurs endroits. Elle est de dix ans son aînée mais vous conviendrez qu’en voyant leur photo de mariage ci-dessous on ne le remarque absolument pas !

 

Deux ans plus tard, le 1er Février 1938, ce couple a son premier bébé, Monique. Elle naît à Aurillac au 4 Boulevard Pont Rouge. Léon (senior) devient donc grand-père pour la première fois, mais son bonheur est de courte durée puisqu’il décède deux semaines plus tard, le 16 Février à son domicile à Vaise. Il est enterré avec ses parents et sa fille à Jaillans le 18 Février.

Sa femme va lui survivre 24 ans, puisqu’elle s’éteint le 24 Juillet 1962 à Tulle (19), je pense chez son fils. Léon et Marceline ont eu au total trois enfants, huit petits-enfants, dix huit arrières petits-enfants et à ma connaissance 14 arrières arrières petits-enfants.

Les seules photos que j’ai de Léon et Marceline sont les suivantes ; elles datent sans doute du mariage de Léon (junior) ; elles veillent sur leurs dépouilles au cimetière de Jaillans.

 

Dernières nouvelles d’Antoine…

Ce lundi 12 Juin 1916, Antoine est toujours en bonne santé et espère le rester jusqu’à la délivrance… Il s’enquiert de la santé de son frère et souhaite qu’elle se soit améliorée. Il attend en retour des nouvelles de sa famille. C’est la dernière carte que je possède de lui avant…. 1918 ! Il ne le sait pas encore, bien sûr, mais dans un peu moins d’un mois il sera fait prisonnier par les Allemands à Thiaumont, ouvrage que son régiment avait reçu l’ordre de défendre. Je vous laisse aller consulter le journal du régiment pour la journée du 4 Juillet 1916 sur le site Mémoire des Hommes, journée au cours de laquelle il sera pris.

Collection personnelle

Collection personnelle

Antoine en sous-sol…

Antoine est toujours bien portant. A cette date il est pour quatre jours de service dans un poste téléphonique affecté à la réparation. Il apprécie le travail qui n’est pas trop pénible et à 8 mètres sous terre, ne craint plus la pluie des marmites…

collection personnelle

                                                                       collection personnelle